Donald Trump réclame « une barrière en acier » à la frontière mexicaine

Donald Trump s’est adressé, mardi soir, à la nation américaine pour réclamer, plutôt qu’un mur, une « barrière en acier » la frontière avec le Mexique. Les démocrates ont rétorqué en l’accusant de prendre les Américains « en otage » avec le « shutdown ».

Pour faire face à ce qu’il a qualifié de « crise humanitaire » à la frontière entre les États-Unis et le Mexique, le président américain Donald Trump a réclamé, mardi 8 janvier, lors d’une allocution à la nation, 5,7 milliards de dollars pour une barrière à la frontière. « À la demande des démocrates, il s’agira d’une barrière en acier plutôt que d’un mur en béton », a-t-il ajouté d’un ton grave, en direct depuis le Bureau ovale.

Lors de cette allocution solennelle de neuf minutes, le président des États-Unis a tenté de se poser en rassembleur, renonçant à lancer une procédure d’urgence exceptionnelle qui aurait mis le feu aux poudres.

« La rhétorique trumpienne n’a pas changé »

Les démocrates n’ont pas tardé à réagir, en direct à la télévision eux aussi. La présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a accusé Donald Trump de prendre les Américains « en otage » avec le « shutdown » qui paralyse une partie des administrations fédérales, avec pour seul objectif selon elle d’obtenir le financement d’une barrière frontalière.

« Voici les faits : le président Trump doit cesser de prendre les Américains en otage, doit cesser de créer de toutes pièces une crise » migratoire et humanitaire à la frontière « et doit rouvrir le gouvernement », a déclaré la démocrate.

Au 18e jour d’un « shutdown » qui paralyse partiellement les administrations fédérales, Donald Trump a repris les arguments qu’il assène depuis des semaines par tweets interposés, mais sur un ton qui se voulait plus présidentiel.

« Ce soir je vous parle car nous assistons à une crise humanitaire et sécuritaire grandissante à la frontière sud », a-t-il lancé depuis la pièce la plus célèbre de la Maison Blanche d’où furent prononcés nombre d’allocutions restées dans l’histoire, comme celle de John F. Kennedy au plus fort de la crise des missiles soviétiques à Cuba.

« Vies perdues »

« Au fil des ans, des milliers d’Américains ont été brutalement tués par ceux qui sont entrés illégalement dans notre pays et des milliers d’autres vies seront perdues si nous n’agissons pas tout de suite », a-t-il affirmé.

« Notre frontière sud est la porte d’entrée de vastes quantités de drogue, dont méthamphétamine, héroïne, cocaïne et fentanyl », a également dénoncé le 45e président des États-Unis, rejetant une fois de plus la responsabilité du « shutdown » sur les démocrates, qui selon lui « refusent de financer la sécurité aux frontières ».

Le record du plus long « shutdown » de l’histoire pourrait bientôt tomber : 21 jours, entre fin 1995 et début 1996, sous la présidence de Bill Clinton.

 

 AFP