L'Afrique, nouveau front dans la lutte anti-tabac

La puissante industrie du tabac cible les populations vulnérables en Afrique, Asie et Moyen-Orient, où les régulations visant à limiter la consommation de cigarettes restent insuffisantes, ont prévenu jeudi des experts de la lutte contre le tabagisme. "L'industrie du tabac vise délibérément les pays laxistes en matière de législation anti-tabac et exploite les gouvernements, les agriculteurs et les populations vulnérables en Afrique", selon la dernière édition de "L'Atlas du tabac", qui compile des données mondiales sur le sujet. "L'Afrique se situe à un point critique", estiment les auteurs de ce document de référence. En Afrique sud-saharienne, la consommation de tabac a augmenté de 52% entre 1980 et 2016, une hausse liée à la "croissance démographique et au marketing agressif" des producteurs de cigarettes, selon "L'Atlas du tabac". Plus d'1,1 milliard de personnes fument dans le monde entier et les pays aux revenus faibles et moyens représentent plus de 80% des décès liés à la consommation active ou passive de tabac.

"La proportion de ce fardeau ne va cesser d'augmenter pour les pays africains si les gouvernements ne mettent pas en place des politiques de lutte contre le tabac", a mis en garde "L'Atlas du tabac" qui salue cependant les mesures anti-tabac prises notamment à Madagascar, au Burkina Faso, au Kenya, en Afrique du Sud et à Djibouti. Sur l'ensemble du globe, le tabac a causé la mort de 7,1 millions de personnes en 2016, dont 884.000 décès liés à la consommation passive. La sixième édition de "L'Atlas du tabac" est lancée à l'occasion de la 17e Conférence mondiale "Tabac ou santé" qui se tient de mercredi à vendredi au Cap, en Afrique du Sud.